L’assertivité ou communication émotionnelle

La communication émotionnelle est une forme de communication privilégiée qui permet de s’exprimer sans violence et avec respect. Elle permet également d’affirmer et de faire connaître ses besoins et ainsi de parvenir à les satisfaire plus facilement. Il est important de faire part de son besoin à l’autre, non pas pour que celui-ci le prenne en charge, mais le simple fait d’en parler est déjà une façon d’y répondre en prenant ses désirs en charge et ainsi en se respectant soi-même. L’autre est alors libre d’y répondre ou de ne pas y répondre.

Dans les relations humaines, il existe quatre attitudes principales qui sont la fuite, l’attaque, la manipulation et l’assertivité. Les trois premières attitudes ne sont pas favorables à une relation de bonne qualité car elles sont génératrices de tensions et d’incompréhension. Tandis que l’assertivité prône le respect d’autrui et de soi-même, la réflexion et l’empathie. Elle permet donc d’atteindre au mieux, le résultat escompté, ce qui est important dans toutes relations professionnelles ou personnelles.

L’assertivité est fondée sur l’affirmation de soi et non sur la maîtrise de soi. Vouloir se maîtriser en n’exprimant pas ce que l’on ressent vraiment ou maîtriser l’autre est tout aussi maladroit, car cela conduit à se nier soi-même ou à nier l’autre et entraîne la frustration de part et d’autre. Au contraire, une réelle affirmation de soi prend en compte les préoccupations de l’autre et de soi-même.  Le respect d’autrui ne doit pas non plus s’exercer à notre détriment, car se nier soi-même ne favorisera pas une relation de bonne qualité sur le long terme. Même si cette démarche semble, à première vue, être généreuse, elle entraîne la confusion et la perte d’identité.

Le principe de l’assertivité ou communication émotionnelle

La communication émotionnelle se déroule en trois étapes.

La première étape:

Elle consiste en une observation objective de la réalité, sans jugement et sans interprétation. Cette observation permet d’exprimer à l’autre les faits de la façon la plus neutre possible en énonçant les paroles, en décrivant les attitudes du corps, les expressions du visage, le ton de la voix, etc. Il s’agit de regarder la réalité sans y projeter ses peurs, ses espoirs, ses préoccupations ou son cinéma mental. Par exemple au lieu de dire :

  • Tu es toujours en retard, on ne peut vraiment pas compter sur toi.

Cette formulation aurait l’inconvénient de mettre immédiatement la personne à qui l’on s’adresse sur la défensive, et n’irait donc pas dans notre intérêt. Aussi, il est préférable de lui dire d’une façon objective et précise :

  • Nous avions rendez-vous à 17 h et il est maintenant 18 h.

La deuxième étape :

La deuxième phase permet d’évoquer l’émotion ressentie en évitant, là encore, tout jugement sur l’autre pour se concentrer entièrement sur ce que l’on ressent. En effet si on parle de ce que l’on ressent, personne ne peut le remettre en cause. Ceci consiste alors à décrire ses sentiments par des phrases qui débutent par « je » plutôt que par « tu » ou « vous ». En parlant de soi, on ne critique pas son interlocuteur, on est dans l’émotion et donc dans l’authenticité et l’ouverture. Cela va donner ce genre d’expressions : « Je me sens inquiet, déçu, triste… ». Ainsi, en reprenant l’exemple précédent, on pourrait dire :

  • Nous avions rendez-vous à 17 h et il est maintenant 18 h, je suis déçue.

La troisième étape :

Dans la troisième étape, on relate le besoin ressenti, non satisfait. C’est à partir du sentiment que l’on peut identifier ce besoin et se situer par rapport à la situation ou la personne, sans la juger, la critiquer ou se décharger sur elle de la responsabilité de ce que l’on vit. Le fait d’attribuer à l’autre la responsabilité de notre vécu, nous déresponsabilise. Tant que nous lui donnons les clés de notre bien-être ou de notre mal-être, nous nous piégeons.

Formuler son besoin c’est aussi donner une explication sur l’émotion ressentie en évoquant ce qui est important pour nous à ce moment-là, de la façon suivante :

  • J’ai besoin de…
  • C’est important pour moi de…
  • Je tiens beaucoup à…
  • Etc.

La formulation dans notre exemple devient donc :

  • Nous avions rendez-vous à 17 h et il est maintenant 18 h, je suis déçue car je souhaitais aller voir cette exposition avec toi, c’est important pour moi de pouvoir échanger.

Ainsi dans cette façon de s’exprimer chacun est pris en compte avec respect et le dialogue peut être constructif et enrichissant. On cherche à comprendre ce qui se passe de part et d’autre. L’assertivité implique également de nombreux changements dans la relation à soi et nous y reviendrons lors de notre prochain article.

En attendant, je vous invite à tester cette formulation dans vos relations au quotidien et observer ce que cela modifie.